Combien de temps faut-il pour apprendre une langue ?

La pédagogie anglaise est un “apprentissage actif “

Pour les  Centres de Formation en Langue,  trois facteurs influencent la facilité et la vitesse d’acquisition d’un nouveau langage :

  • le type de langue étudiée,
  • les conditions de l’apprentissage,
  • l’implication personnelle.

Concernant les types de langues, le Département d’État Américain*  (The Foreign Service Institute ou FSI) propose un classement des langues en fonction de leur difficulté et en déduit un temps d’apprentissage nécessaire pour les maitriser. Ce travail est réalisé pour des besoins de formation internes et dans le but d’occuper un travail dans une Ambassade à l’étranger. Même si nous ne prévoyons pas tous de travailler à l’étranger, ce classement permet d’avoir une idée des difficultés d’apprentissage des langues et de leur affinité avec l’anglais. Le classement est réalisé pour une personne qui n’aurait aucune connaissance préalable du sujet.

* L’équivalent du Ministère des Affaires étrangères qui gère entre autres les Ambassades.


Des langues difficiles et des langues faciles

Un premier groupe distingue les langues les plus faciles à apprendre. On  y retrouve les langues d’influence latine avec lesquelles l’anglais a finalement beaucoup de points communs, liés pour partie à l’invasion romaine puis normande (1066). Ces langues dont l’espagnol, le français, l’italien, le roumain et le portugais. D’autres langues aux racines souvent anglo-saxonnes font logiquement partie du groupe : l’afrikaans (Afrique du sud), le danois, le néerlandais, le norvégien, le suédois.

Pour le Foreign Service Institute, maitriser une langue « Facile » peut prendre 23 Semaines (soit 575 heures total d’étude). En organisant son apprentissage à raison de 20 heures par semaine, cela donne 7 mois d’étude.

D’autres langues forment un groupe de difficulté « Moyen » : l’allemand, l’indonésien, le Malaisien ou le Swahili. De 30 à 36 Semaines semblent nécessaires pour les maitriser, soit entre 750 et 900 heures, ou de 9 à 11,5 mois (à raison de 20 heures par semaine).

Les langues jugées « difficiles »  sont assez nombreuses et concernent le continent africain, européen et asiatique. A titre d’exemple, notons : l’albanais, l’arménien, l’estonien, l’hindi, le thaïlandais, le turc, le  vietnamien ou le zoulou (liste non exhaustive).  Pour les apprendre, le temps d’étude est évalué à  44 Semaines (soit 1 100 heures totales ou 14 mois à raison de 20 heures par semaine).

Dernier groupe, les langues « complexes» , dont la durée d’apprentissage s’évalue à 2 200 heures d’études ! Il s’agit de l’arabe, du Cantonais et du Mandarin (Chine), du Japonais et du Coréen. Ces langues ont un système graphique spécifique et parfois une absence d’alphabet traditionnel, ce qui constituent pour des occidentaux un frein à l’acquisition rapide.

Le classement du Département d’État confirme la difficulté d’apprendre une langue « from scratch » (à partir de rien). Il souligne cependant l’importance de l’immersion à l’étranger pour l’apprentissage plus rapide des langues.

Et vous quel est votre but pour apprendre une langue ?

Si vous n’avez pas pour ambition immédiate de travailler à l’étranger, vous n’avez pas besoin de viser une maîtrise totale de la langue.  Si votre objectif se limite à pouvoir engager une conversation et d’échanger dans une langue étrangère, vous pouvez diviser par deux les temps évalués par le Foreign Service.

En clair, si vous n’avez aucune connaissance préalable de l’espagnol, trois mois d’études peuvent suffire pour  vous débrouiller seul au restaurant, réserver une chambre d’hôtel ou échanger avec de nouveaux amis autochtones ! Bien sûr, ce temps est encore plus réduit si vous avez déjà suivi des cours en primaire ou au collège dans cette langue (voir article sur le niveau en langue requis au Bac.!

L’immersion : le facteur accélérateur  

Prendre des cours est essentiels, mais pour gagner encore plus de temps dans ses apprentissages,  l’immersion linguistique reste la voie royale. En immersion dans un pays, vos souvenirs structurent votre connaissance et s’enrichissent de situations émotionnelles vécues sur « le terrain » comme :

  • « Zut, le bus arrive et je dois rapidement demander si c’est la bonne ligne !
  • Oooh, ce plat a l’air appétissant mais je n’ai aucune idée de ce qu’il contient !
  • Est-ce que la tarif de la piscine est avec ou sans réduction pour étudiant ? »

Lors de ces moments, votre cerveau tourne à plat régime et puise dans ses ressources pour vous permettre de (mieux) maitriser votre communication en anglais, espagnol ou allemand. De nouvelles voies linguistiques se créent et s’impriment, formant un riche terreau pour vos progrès futurs.

Dans le cadre d’une immersion, vos interlocuteurs étrangers vous donnent le sens exact d’une phrase et vous transmettent les contextes d’utilisation des mots.

L’immersion est parfois déstabilisante (voir le concept du « choc culturel« ) mais nécessaire à l’adoption de nouveaux référents linguistiques. Un environnement d’immersion réduit le nombre de jours ou de semaines qu’il vous faut pour apprendre une langue.

A l’inverse, dans un contexte où  l’ancrage de la langue maternelle reste trop présent, comme un apprentissage en compagnie de nombreux compatriotes,  l’acquisition du nouveau langage peut être ralenti.

L’immersion commence chez vous !  

Quand il n’est pas possible de profiter à court terme d’un séjour en immersion, vous êtes libre d’organiser une immersion chez vous. C’est une solution pour optimiser votre temps d’apprentissage.

Plongez dans la culture étrangère que vous souhaitez maitriser en regardant des films (VO !) ou en écoutant de la musique (relisez et apprenez à prononcer les textes). Parlez avec des amis (en anglais ou en espagnol, vous verrez, c’est un challenge amusant) ou lisez des magazines et des livres sur des sujets qui vous intéressent…

Faites surtout l’effort pour chercher le sens des mots que vous ne comprenez pas. Vous vous apercevrez que cet apprentissage va vous familiariser avec la langue.

Parlez-vous intérieurement en langue étrangère ! Un levier pour réduire la durée d’apprentissage d’une langue c’est d’essayer de quitter le « mode de réflexion français » et de se mettre à penser en mode « espagnol », « anglais » ou « allemand ».

Écoutez les journaux télévisés étrangers et exercez votre raisonnement en commentant ou en critiquant les actualités présentées. Vous verrez que cette gymnastique peut développer chez vous un nouveau »mode de pensée en langue étrangère ».

Même lorsque vous êtes au repos, votre cerveau s’active. En le stimulant avec un nouvel objet d’étude, votre cerveau intègre la langue en cours d’apprentissage comme une nouvelle option de communication. A chaque fois que vous serez amené à parler la langue étrangère, votre cerveau opérera une bascule naturelle, vous permettant de penser « à la façon » d’un autochtone.

Crédit photo : VERDIÉ HELLO 2017